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Marx for beginners

Rius

dimanche 3 mars 2019, par le groupe

Note rédigée le 3 mars 2019 par Charles.

Dans les premières pages, Rius refait la biographie de Karl Marx (1818 - 1883) et insiste sur son influence considérable (économie, littérature, les arts, les révolutions, les changements sociaux...) .

Que pensa l’humain au cours des âges ? Au début la peur et l’ignorance étaient lois, l’humain inventa des dieux pour expliquer les phénomènes naturels. Des sorciers en ont profité pour se faire passer pour les représentants/délégués des pouvoirs divins à leur profit. Cela créa une caste dirigeante, et eu pour effet la création de la philosophie en tant que critique de la croyance religieuse.

Au fur et à mesure, la caste dirigeante ajouta des dieux, mythes et cérémonies, et la « caste divine » (docteurs, prêtes) avec les rois et les empereurs constituèrent de grand empires d’esclaves. Exemple : les Égyptiens, qui supportaient l’esclavage car on leur promettaient une vie éternelle après la mort.

L’auteur fait ensuite un tour des philosophes grecs, critiques de la foi : Thalès, Phytagore, Héraclie, Socrates. Puis les trois qui ont finis l’époque grecque : Plato, Démocrite et Aristote (dont l’une des découvertes est que les conflits sociaux ont pour origine les inégalités économiques et sociales). Le sujet de thèse de Marx concernait ces trois « géants » de la pensée grecque.

Rius consacre ensuite deux pages sur ce qu’il appelle « l’age de la foi », une période hostile à la philosophie et extrêmement religieuse. Puis vint la renaissance, qui est selon lui « la contre attaque de la science et de la raison contre le dogme religieux ». Il mentionne Giambattista Vico, qui théorisa l’histoire humaine en trois étapes :

  • L’enfance (Barbarisme, patriarcat du chasseur, magie)
  • L’adolescence (Féodalisme, une minorité de seigneurs et une majorité d’esclaves)
  • L’âge adulte (Ce qui viendrait ensuite)

Deux détails remarquables à propos de cette théorie : Vico la formula alors qu’il vivait dans le féodalisme, et c’est la première fois que quelqu’un parle d’une évolution de la société.

Ensuite viennent Descartes et Spinoza, deux auteurs qui selon Rius avaient trop foi en la science. Ils pensaient que l’humain fait partie de la nature (vrai) et que les relations humaines sont soumises aux mêmes lois qui régulent tout les autres phénomènes naturels (faux). Descartes et Spinoza pensaient à tord que la nature n’évolue pas, et obéis à des lois éternelles et inchangeables.

L’auteur continue le trajet avec les empiristes (Locke, Berckley, Hume). Puis vint la révolution française : triomphe de la raison sur la religion, et diffusion d’idées politiques nouvelles (liberté, égalité, fraternité). Rius consacre ensuite une page sur Kant, partisan de l’idéalisme.

Nous arrivons à l’idéalisme allemand (Shelling, Fichte, Hegel), qui est le point de départ de Marx. L’auteur propose de résumer la pensée Marxiste en trois branches principales : La philosophie, la doctrine économique, et le matérialisme historique.

L’idéalisme présuppose des forces surnaturelles, le matérialisme considère qu’il n’y a rien au delà de la nature. En lieu et place de la théorie mécanique et immuable de la nature et de l’humanité, Marx et Engels proposent un modèle de développement : la dialectique. Celle d’Hegel était idéaliste et Marx voulait la retourner pour la rendre matérialiste. Pour Hegel, l’humanité ne cesse d’évoluer : despotisme primitif (une personne libre) -> aristocratie gréco-romaine (plus de personnes libres)... jusqu’à l’état Prussien (la liberté absolue). Mais Marx remarqua un nouveau système subtile d’exploitation : le capitalisme. Feuerbach était matérialiste mais métaphysique (nature et société immuables), Hegel était dialectique mais idéaliste. Marx fût influencé par les deux et fonda sa propre école : le matérialisme dialectique.

Le travailleur, aliéné du fruit de son travail est exploité par le patron. La « liberté » dont parle Hegel n’existe pas : l’argent oblige les pauvres à se vendre. L’essence de l’humain, sa créativité, est devenue possession. La révolution industrielle fait naître une classe nouvelle : le prolétariat, qui contrairement aux artisans du passé, ne possèdent ni les outils de travail ni le produit final.

Les trois sources du Marxisme sont la philosophie Allemande, l’économie politique Anglaise, et le socialisme Français. L’auteur passe rapidement sur les premiers socialistes du temps de la révolution que sont Babeauf, Saint-Simon et Fourier. La plus grosse contribution française au Marxisme vient de Blanqui, Proudhon et Blanc. Marx est en désaccord avec eux sur l’évolution de l’histoire entre autres, lui et Engels les qualifient de « socialistes utopiques », qu’ils attaqueront dans « La Sainte Famille », ouvrage qui défend leur vision de la lutte des classes.

L’harmonie sociale ne peut exister dans le capitalisme, car c’est une société de classes avec un but : le profit, basé sur la propriété privée et l’exploitation du prolétariat. Rius explique l’exploitation : le salaire reçu est inférieur au coût du produit final moins les dépenses matérielles. La justification capitaliste : le propriétaire a fourni le capital. L’objection : mais d’où provient ce capital ?

Trois types de compétitions font varier le prix d’une marchandise : vendeur contre vendeur (diminution du prix), acheteur contre acheteur (augmentation du prix), acheteur contre vendeur (compétition qui dépends des deux premières). Mais les coûts de production et les coûts cachés (pub, taxes, relations publiques, distribution...) jouent un rôle dans la détermination du prix. Les deux apports du capitaliste et du travailleur fusionnent pour créer un produit, mais le profit obtenu en le vendant ne revient qu’au capitaliste. C’est là que Marx découvre son fameux concept de la valeur surplus.

Formule de base du capitalisme : acheter pour revendre plus cher. Le bénéfice de la transaction est appelé valeur surplus. Cet extra ne peut pas venir du simple échange de marchandises, car c’est un échange équivalent (jeu à somme nulle). Le détenteur d’argent doit donc trouver sur le marché la seule marchandise source de valeur : la force de travail humaine. En huit heures de travail par exemple, six produisent le salaire de l’employé, et les deux restantes ne sont pas payés par le capitaliste.

Le but du matérialisme historique est de nous montrer que l’histoire est faite par l’humain, pas par la destinée ou la main de Dieu. Les instruments de production et leur utilisateurs sont ce que Marx appelle les forces mouvantes de la société, chaque génération perfectionne les instruments de leur prédécesseurs. Pour Marx le travail humain a toujours un caractère social, la société s’est formée en tant qu’aide contre une nature hostile. Au fur et à mesure, les possédants se sont ligués pour tirer de la productivité des non-possédants. Marx appellent ces relations des « relations de production ».

Un mode de production est une combinaison des forces productives et des relations de production, Marx en distingue 5 : communauté primitive, esclavage, féodalisme, capitalisme, socialisme. L’auteur explique ensuite le féodalisme : un système dans lequel ceux qui travaillaient la terre la possédaient plus ou moins, mais leur travail appartenait au seigneur. De haut en bas : Noblesse, clergé, marchands, artisans en guildes, serfs. Les marchands et les artisans gagnèrent en nombre et en puissance au fil du temps, et devinrent hostile aux taxes de la noblesse et du clergé. Une séries de révolutions en découlèrent, la révolution française par exemple, qui donnèrent naissance (avec la révolution industrielle) au capitalisme.

La théorie de lutte des classes de Marx prédit que le capitalisme sera à son tour remplacé par un autre système, le socialisme. Ce seront ses contradictions internes qui le mèneront à sa perte, mais seulement face à un adversaire : un prolétariat uni et politisé.