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Tuer pour la démocratie : droit de résistance et tyrannicide dans l’antiquité gréco-romaine

1re séance du cycle « Faut-il tuer les tyrans ? Droit de résistance et lutte contre la tyrannie dans l’histoire des idées politiques »

samedi 11 avril 2015, par le groupe

L’École de la Rue, Une université populaire et libertaire dans le 18e arrondissement de Paris 

Conférence-débat organisée par le groupe Louise Michel et la Bibliothèque La Rue à la bibliothèque La Rue

Le samedi, de 16 heures à 18 heures
10, rue Robert-Planquette, 75018 Paris
Entrée libre


 
Cycle n° 6

Faut-il tuer les tyrans ?
Droit de résistance et lutte contre la tyrannie
dans l’histoire des idées politiques 
 
 
Ce cycle présentera le droit de résistance tel qu’il a été défendu (ou décrié) par les philosophes à travers les siècles, notamment dans l’Antiquité gréco-romaine, puis au Moyen-âge et pendant les guerres de religion du XVIe siècle. Mais au-delà de la théorie, il s’agira aussi de montrer le lien entre la philosophie et la mise en œuvre concrète de ce droit.
Le but sera donc de comprendre comment les thèmes de la désobéissance aux lois et de la lutte contre les gouvernants illégitimes sont apparus à des époques où le pouvoir et ses détenteurs étaient perçus comme sacrés et inviolables. Il sera possible d’évaluer dans quelle mesure l’insoumission a finalement trouvé sa place dans la philosophie politique, alors même que celle-ci s’est développée initialement en faveur de l’ordre absolu et de la stabilité institutionnelle.
Plus précisément, ce cycle s’intéressera aux différentes conceptions de la tyrannie dans l’histoire des idées et surtout à la question très discutée et controversée du « tyrannicide », c’est-à-dire la mise à mort du tyran. Plusieurs exemples (assassinats d’Hipparque, de César, d’Henri III, etc.) permettront de mieux saisir le rapport entre philosophie et action politique.

Samedi 11 avril 2015, de 16 à 18 heures

« Tuer pour la démocratie : droit de résistance et tyrannicide
dans l’antiquité gréco-romaine »

Erwan

A quelques exceptions près, la philosophie politique antique est une pensée de l’ordre et de l’obéissance aux lois. Seuls les sophistes incarnent une forme de rejet, souvent individualiste et élitiste, de la Cité et de ses gouvernants. Contre eux, la pensée de Platon et d’Aristote privilégie la stabilité constitutionnelle, le respect des institutions et se montre réticente face à la contestation et aux révoltes.
Cependant, à partir du VIe siècle av. JC, la vie politique athénienne et ses crises politiques offrent un tout autre visage : l’affrontement entre partisans de l’oligarchie et de la démocratie produit des mécanismes juridiques (privation de droits civiques, ostracisme...) qui sont l’expression d’un espace public profondément clivé.
Dans ce contexte, le camp démocrate en vient à valoriser non seulement le droit de résistance à la tyrannie, mais aussi l’assassinat du tyran (le « tyrannicide ») comme un acte héroïque, patriotique et pieux. Au fil des coups d’Etat et des révolutions, la législation athénienne finit ainsi par admettre la violence comme un mode légitime de lutte contre les excès de pouvoir.
Cette conférence visera à décrire ce cheminement longtemps contradictoire et opposé des philosophes et de la vie politique. Puis il s’agira de montrer comment s’est effectuée après plusieurs siècles la convergence des deux : à l’occasion du meurtre de César par Brutus, Cicéron réconcilie la philosophie et le tyrannicide.